La rude ascension d'un presque 6000 | Licancabur summit

Mis à jour : févr. 12

1h30- L’heure du réveil… Après seulement 3h de sommeil, nous nous levons et rejoignons la salle à manger du refuge pour le petit déjeuner. A cette heure-ci l’appétit, le dynamisme et la motivation sont aux abonnés absents ! Après avoir avalé 2 morceaux de pain de mie secs et un bol de thé, nous voici tous les 2 fin prêts pour la grande aventure.

Leçon n°1 : il est moins difficile de se lever à 1h30 qu’à 4h du matin.


​2h30- L’heure du départ… Nous quittons le camps de base accompagnés de notre pseudo guide, tantôt gardien du parc national et tantôt accompagnateur de 6000 ainsi que le vrai guide Ronald et ses 3 clients Chiliens. Nous atteignons le point de départ de la randonnée situé à quelques kilomètres de là, en 4x4 tous ensemble.

Leçon n°2 : prendre conscience que nous avons choisis d’être là.


3h00- L’heure du vrai départ…Nous allumons nos frontales et suivons le pas lent et assuré de notre pseudo guide Bolivien sous un magnifique ciel étoilé. C’est parti pour 1300m de dénivelées positives entre 4650m et 5950m.

Leçon n°3 : profiter de ce réveil nocturne pour observer le ciel pur du Sud Lipez.

6h00- L’heure du lever de soleil… Nous traversons un moment difficile à l’aube, le froid ressenti est plus intense qu’en pleine nuit et il est impossible d’accélérer notre rythme pour nous réchauffer, le souffle nous manque. Nous attendons alors avec impatience le lever de soleil tout en restant concentrés sur notre progression. Nous admirons et remercions enfin les premiers rayons de soleil qui nous réchauffent et illuminent les lagunas blanca et verde situées au pied du volcan Licancabur, la motivation est relancée !

Leçon n°4 : Accueillir les premiers rayons qui vous réchauffent à bras ouverts, saisir cet instant et admirer le lever de soleil.


8h00- L’heure du désespoir…Nous avons dépassé le 1er pallier de 5000m, nous avançons lentement à travers un pierrier instable ponctué de marches d’escalier à franchir. Les maux de tête menacent, le souffle diminue, les marches nous paraissent de plus en plus hautes, le sommet est invisible, le sentier est monotone, le pierrier est glissant et nous fait reculer à certains moments, nous avons l’impression de stationner. Pourtant, notre acclimatation des jours précédents nous aide à maintenir un rythme régulier et un souffle suffisant, les maux de têtes sont sans gravité et nous ne montrons pas d’autres symptômes apparents de Mal de montagnes. Nous faisons autant de pauses que nécessaire, vérifions régulièrement notre altitude afin de nous rassurer et d’estimer le temps restant. Nous passons 5500m, le 2ème pallier difficile, nous rencontrons des baisses de moral à des moments différents, ce qui permet à celui qui flanche d’être soutenu par celui qui reprend confiance.

Leçon n°5 : seuls on va plus vite, ensemble on va plus loin.

10h00- L’instant émotion…Nous voyons enfin notre objectif ! Le sommet est à seulement quelques mètres de nous. Un regain d’énergie se fait ressentir et nous atteignons le cairn final aux alentours de 10h, après 7h d’ascension éprouvante. L’émotion est là et les larmes de fierté coulent à flots ! Nous reprenons nos esprits et séchons nos larmes pour y voir plus clair… Nous admirons la beauté des paysages chiliens et boliviens, le charisme des volcans qui nous entourent, et le cratère du Licancabur occupé par un petit lac en partie gelé. Le sentiment d’humilité nous envahit, nous sommes heureux et récompensés de nos efforts, nous profitons du cadeau que nous offre la nature et remercions chaleureusement notre pseudo guide pour son sourire greffé au visage. Après une brève pause gourmande et une pause photo pour immortaliser cet instant magique, nous reprenons le sentier du retour car rester à une telle altitude n’est pas confortable.

Leçon n°6 : croire en ses capacités, faire preuve de détermination, faire face aux difficultés, se dépasser et toujours rester humble en montagne.

Leçon n°7 : éviter de demander au pseudo guide bolivien l’altitude à laquelle on se trouve…sa marge d’erreur est de +/-800m ! Mais profiter de son sourire et de sa bienveillance.

15h00- L’heure de la délivrance… Nous retrouvons le 4x4 après une descente INTERMINABLE dans les éboulis, après plusieurs glissades sur les fesses, après avoir avalé et respiré 40m3 de poussière, en subissant de forts maux de tête et en limitant les pauses pour regagner plus rapidement notre confort.


15h30- L’heure de savourer… Nous retrouvons le refuge Laguna blanca et son confort très sommaire qui nous parait désormais bien plus chaleureux ! Après une toilette de chat à l’eau chaude, nous succombons à une petite sieste bien méritée sur un matelas moelleux, emmitouflés dans nos sacs de couchage réconfortants. Nous n’avons pas de wifi depuis 2 jours, nous jouissons d’une totale déconnexion avec notre quotidien pour encore mieux savourer cette expérience vécue tous les 2.

Leçon n°8 : savourer le bonheur et la fierté d’avoir donné le meilleur de soi-même.


Nous enfilons ensuite notre costume de touriste pour partir à la découverte des pépites du Sud-Lipez en 4x4 aux côtés d’autres voyageurs forts sympathiques et accompagnés du meilleur chauffeur/guide bolivien. Nous sommes servis à manger, trimballés de sites en sites, logés dans des dortoirs chauffés… Nous reposerons notre esprit pendant ces quelques jours, nous foulerons le sol du célèbre salar d’Uyuni, prendrons conscience de l’immensité des lieux et de la richesse des paysages de ce pays. Mais nous sommes impatients de sortir de ces sentiers battus pour retrouver notre liberté dans des zones plus authentiques et sauvages.

Leçon n°9 : quitter notre confort pour mieux l’apprécier à notre retour, revenir à l’essentiel et prendre conscience du superflu.